Commissions scolaires anglophones et les programmes internationaux: la complaisance n’est plus acceptable

Complacency breeds irresponsibility, arrogance and mistrust.

Les journalistes de la CBC creusent la question des écoles internationales gérées  par plusieurs commissions scolaires anglophones. Cette semaine, ils révèlent des détails additionnels par rapport à la gestion des programmes internationaux à la Commission scolaire Lester B. Pearson.

D’abord, un premier article de la  CBC ( 15 décembre 2016) , on apprend que le conseil de la Commission scolaire Lester B.Pearson a opté de ne pas soumettre la gestion de ses écoles internationales à une vérification externe même si un comité de la commission scolaire l’avait recommandée.

«The Lester B. Pearson School Board never commissioned an independent audit of its international department, even though its own audit committee recommended it nearly one a year ago, CBC News has learned through emails obtained through access to information.»

Ici, la décision de ne pas procéder à une vérification externe laisse perplexe.

Pourquoi?

Des millions sont en jeu, n’était-il pas dans l’intérêt de la commission scolaire de procéder à cette vérification? Encore, dans le cas des écoles publiques toutes les décisions doivent tenir compte du meilleur intérêt des élèves, qu’en est-il dans ce dossier? Quels intérêts pouvait-on bien défendre en ne procédant pas à cette vérification?

Ensuite, dans un second article de la  CBC  (16 décembre 2016) , il est question des inquiétudes soulevées par un ex haut-dirigeant de la CSLBP dès 2011 quant aux programmes internationaux: la rémunération exagérée des agents recruteurs; la location de locaux trop élevés; les voyages à l’étranger des dirigeants de la commission scolaire.

Voici un extrait de l’article de la CBC concernant les voyages payés à l’étranger:

« »During the [REDACTED] portion of the trip NO business was conducted, » the writer said, expressing embarrassment « to have gone on such an expensive trip and not done any work. »

After asking for a copy of the travel expenses in order to reimburse the board, the writer claimed to have been told a third party was covering the expenses, but the writer refused to « accept such a gift. »

The writer goes on to suggest it was « worth checking » if people who took part in other trips reimbursed the board for their travel expenses or if « this was another ‘gift.»

Cette invitation de cet ex haut-dirigeant à participer à un voyage, alors qu’il se posait des questions éthiques quant aux bien-fondés de ce voyage, me laisse perplexe. N’est-on pas en droit de se demander si cette manoeuvre visait à inclure ce dernier dans le groupe des initiés?  Qu’il soit redevable par la suite?  Selon toute vraisemblance, se voyant pris dans cet étau, honnête, il a remboursé son voyage. Malheureusement, il  n’est plus à la commission scolaire.

Suite à la lecture de cet article, le rapport de Yves Boisvert  mentionné dans  le journal La Presse concernant la corruption à  la ville de Laval me vient à l’esprit : complaisance des uns parfois redevables et à la longue le départ malheureux de ceux qui ne peuvent accepter de collaborer aux irrégularités. Au bout du compte, il ne reste  qu’un groupe uni ce qui permet d’ériger la loyauté en dogme ce qui à son tour pave la voie à bien des irrégularités.

Dans le pire des cas le dogmatisme est tel que la pensée critique fout le camp.   À la Commission scolaire Lester B. Pearson  cette force me semble à l’oeuvre. Notamment, lorsque Chris Eustace a gagné sa cause contre la Commission scolaire Lester B. Pearson dans le dossier des informations personnelles des parents partagés  avec une entreprise américaine ( voir l’article du 11 mai 2016 du journal The Suburban à ce sujet).  Suite à l’annonce publique de ce jugement, le 24 mai 2016, plusieurs membres du comité exécutif  ont quitté la salle, lorsque Chris Eustace a pris la parole (voir l’article du Suburban)…

Pourquoi? Eustace avait raison…Plutôt que de d’excuser auprès de la population pour avoir enfreint la loi on punit le citoyen qui a vu juste! Que dire de leur attitude envers Chris Eustace baîllonné pendant près de 3 ans.

Encore, le dogmatisme me semble à l’oeuvre, lorsque les responsables font appel à l’unité et invite les citoyens à faire confiance aux élus, de tout oublier afin de  focuser sur la réussite. Comme si cela pouvait excuser les manquements divers.

Non, ce qui se passe est inexcusable. Tous les élus et tous les administrateurs impliqués dans ces dossiers ont des comptes à rendre.

Les journalistes font leur travail. C’est maintenant aux  citoyens et aux parents de faire le leur. Pour cela, il faudra mettre de côté  la complaisance, la loyauté aveugle. Un premier pas dans cette direction serait d’exiger une reddition de comptes sérieuse. Un second serait de s’assurer  que les personnes prises en défaut soient réellement sanctionnées.

Au fait, qui payera les frais juridiques reliés à cette sage des écoles internationales, semi-privés? Espérons que les fonds seront pigés à même le budget de gestion de ces programmes scolaires et non pas dans le budget de la commission scolaire.

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